Tribune
8 mars 2022

Présidentielle 2022 : la crise du covid démontre qu’il faut continuer de réformer le statut des indépendants

16 Mars 2020. Nous sommes tous, presque sans exception, devant notre écran lorsque le Président de la République annonce la mise en place du confinement lié à la crise sanitaire. Immédiatement, chacun mesure les impacts sur sa vie personnelle mais aussi sur ses revenus : les entreprises, les salariés, les indépendants. Mais le chef de l’Etat se veut rassurant, les Français seront soutenus “quoi qu’il en coûte”. Qu’en-est il deux ans plus tard ? Globalement, la promesse a été tenue : le nombre de faillites est resté stable, tandis qu’1 million de nouvelles entreprises se créaient en 2021, soit 17% de plus qu’en 2020.

A lire ces chiffres, on pourrait penser que les 3 millions d’indépendants français ont traversé la crise sans encombre, ce qui est loin d’être le cas. Face à une crise sans précédent, les pouvoirs publics ont joué leur rôle d’amortisseur grâce à deux dispositifs majeurs : le chômage partiel pour les salariés, le fonds de solidarité pour les indépendants. Mais là où les entreprises ont pu piloter finement leur recours au chômage partiel (dont l’évolution était discutée plusieurs mois à l’avance), les indépendants ont été soumis à un “stop and go” incessant, sachant rarement à l’avance s’ils auraient des aides ou non. Ce “deux poids, deux mesures” s’explique par la représentation que se fait la société, et par extension le pouvoir politique, de l’indépendant : un individu isolé et autonome.

Or la crise du Covid a révélé deux choses. Les indépendants ne sont pas séparés du reste de l’économie car celle-ci est interconnectée : lorsqu’une zone touristique perd sa clientèle, ce sont tous les commerces et les prestataires de services qui sont impactés. Les indépendants ne sont pas non plus si isolés qu’ils en ont l’air. Dans ce chaos, de nouvelles mobilisations, de nouvelles solidarités ont émergé sur les réseaux sociaux, certaines sous forme de syndicats et d’autres sous la forme de simples groupes Facebook. Grâce à eux, beaucoup d’indépendants ont pu se rassembler et faire entendre leur voix, et finalement avoir un impact sur les politiques publiques liées à la crise. Ces nouveaux rassemblements ont vocation à continuer à faire évoluer le statut d’indépendant.

De manière générale, la population des indépendants a connu de nombreux changements économiques et sociologiques. Le régime de l’auto entreprise en particulier, a permis une démocratisation sans précédent de l’accès au statut d’indépendant. En parallèle, l’économie s’est profondément transformée et les nouveaux indépendants ont rejoint majoritairement le secteur tertiaire : prestation de service aux entreprises et aux particuliers, commerce, freelancing. A cela s’ajoute la révolution numérique qui vient transformer tous les secteurs de l’économie et les relations de travail. Dans ce contexte, tous les indépendants ont des besoins nouveaux : simplification administrative, droits sociaux, accès au logement. Leurs besoins doivent être écoutés.

16 septembre 2021. Le Président de la République prenait à nouveau la parole, cette fois-ci pour annoncer ce qui allait devenir la Loi en faveur de l’activité professionnelle indépendante. C’était la première fois en 26 ans qu’une loi entière allait être consacrée aux travailleurs indépendants. De fait, cette loi vient apporter deux sécurisations majeures au statut d’indépendant. Tout d’abord, elle rend le patrimoine personnel insaisissable par les créanciers professionnels. Elle permet ensuite la modulation du versement des cotisations sociales en fonction du chiffre d’affaires de l’année en cours, et non en fonction de l’année N-2, une petite révolution en soi ! En revanche, sur la question des droits sociaux, les avancées de cette loi restent bien timides. Dans son discours, le Président reconnaissait que sa promesse d’ouvrir le chômage aux indépendants n’avait pas obtenu le résultat escompté. La loi du 14 février 2022 y apporte des modifications mineures mais encore trop peu de réelles avancées.

A l’heure de l’élection présidentielle 2022, il est donc temps, aussi bien pour les indépendants que pour les candidats à la présidentielle de s’interroger sur le statut des indépendants. Qu’il s’agisse de l’accès au logement, aux droits sociaux, à l’assurance chômage, la maternité, la formation, la retraite, la facturation, ces sujets doivent être mis sur la table et résolus à l’aune des besoins d’aujourd’hui et de l’expérience. Le statut doit laisser libre cours à l’activité économique de l’indépendant tout en créant les sécurités nécessaires à sa poursuite. C’est pour cela que nous soutenons le lancement d’une consultation nationale ouverte à tous les indépendants, afin que leurs besoins soient reconnus et leur voix, entendue. Si chaque indépendant est unique, tous ont le même objectif : pouvoir s’épanouir dans leur métier et définir leurs propres règles. C’est pourquoi nous souhaitons qu’un nouveau contrat social soit imaginé et mis en place par et pour les 3 millions d’ indépendants que compte notre pays.
Retrouvez cette consultation sur
https://www.3millionsdindependants.com/

Les premiers signataires :
Hind Elidrissi – Independants.co
Antonin Leonard – Indépendants.co
Salome Leonardi – Avec Nos Entreprises
Pauline Trequesser – Collectif Cosme
Laetitia Vitaud – Experte Futur du travail
Fabrice Richard – La Faabrick Cherdet
Odile Chagny – Economiste
Samuel Durand – Réalisateur de documentaires
Claire Bonenfant – Sthree France
Jonathan Cohen – CEO Acasi
Charly Gaillard – CEO Beager
Florian Charpentier – La Micro by Flo
Catherine Barba – CEO Envi
Alexis Minchella – Tribu Indé
Rachel Pierre – Office Lab
Louise Racine – Lookoom
Alexandre Dana – Livementor
Bruno Guy – Freelance Stack
Géraldine Clatot – consultante indépendante
Kaïssa Rebatet – consultante indépendante
Jeromin Rebatet – développeur indépendant
Nathalie Jacquemin Murtin – désigner indépendante
Julie Goillot – cheffe de projet évènementiel
Nicolas Bergé – Les Satellites
Sylvie Mauris Demourieux – consultante indépendante
Sophie Rocher – Happy Dev
Marie-Hélène Kennedy – Consultante en création d’entreprise CHR
Celine Pod – Les entrepreneuses qui déchirent
Pierre Sellier – consultant indépendant
Aurélie Foulon – Consultante indépendante
Thomas Burbidge – Consultant indépendant
Orane Massias – Gérante agence web
Charles Ruelle – Entrepreneur
Yann Klein – Chef de projet IT
Alexandre Devos – Directeur logistique événementiel
Damien Dufour – Webdesigner/Photographe
Joel Daubas – Manager de transition indépendant
Hélène Cascaro – Conseil en stratégie et marketing culturel
Bruno Seznec – Freelance Data
Paola Appelius – Traductrice
Alexandra Pérol – Thérapeute et coach de vie
Elodie Bourcier – Créatrice de papeterie Événementielle
Thomas Burbidge – Créateur du podcast Young, Wild & Freelance
Caroline Boudet – Journaliste freelance
Sophie Morin – Styliste et Directrice artistique
Sebastien Ortega – Metastrat
Johnny Fraisse – Consultant nomade en marketing digital
Marilyne Lafaye – Chargé de communication indépendante
Laurent Baziller – Graphiste print – web
Dimitri Régnier – Auteur radiophonique et casteur
Théo Chauvière – La Collab Toulouse
Célia Chauvet – Co-fondatrice La Collab
Gabriel Kaam – CEO Agence KNR
Antoine Van Den Broek – Blogueur Freelance
Anais Nuytten – Coordinatrice événementiel
Soana Vegi – Entrepreneur service et accompagnement
Jean-Baptiste Beuzelin – Co-fondateur du Collectif Coton de développeurs freelance Web
Jérémie Melki – Consultant IT
Laure-Annabelle SAINT-MAXENT – Consultante / Formatrice RH
Erwann Torrent – CEO 7ème Sens
Nathalie Murtin – Graphiste Freelance
Virginie Brun – Freelance communication, digital, média et événementiel
Brahim Ben Ali – Président INV
Alice Rosado – Adie

La tribune

Pour faire partie des cosignataires de cette tribune, écrivez nous un simple email sur contact@independants.co avec en objet “Je signe”.
Précisez également votre métier et toute autre remarque/information que vous souhaiteriez porter à notre connaissance !